Program of the year 2011

1 - Le 19 janvier 2011, à 18h30

CENT ANS DE FOUILLES ET DE RECHERCHES FRANÇAISES DANS L'ILE GRECQUE DE THASOS

Par Jean-Jacques Maffre, professeur de Civilisation grecque à la Sorbonne


Île la plus septentrionale de la mer Égée, Thasos avait intéressé quelques voyageurs érudits français dès le XIXe siècle, à une période où elle faisait encore partie de l'empire ottoman (d'où la présence au Louvre de quelques reliefs de qualité mis au jour dans l'île à cette époque).
En 1911, peu de temps avant son rattachement à la Grèce, l'île a accueilli une mission archéologique officielle de l'École française d'Athènes, et depuis, avec de rares interruptions dues aux conflits internationaux, des générations d'archéologues français s'y sont succédé pour explorer divers secteurs de la ville antique ainsi que la presqu'île d'Aliki, sur la côte Sud, et pour mener des recherches relatives à l'histoire politique, religieuse, économique, artistique de la cité grecque entre sa fondation, au VIIe siècle av. J.-C., et la période byzantine.
Cent ans après le début des fouilles, les travaux de l'École française d'Athènes se poursuivent à Thasos, en collaboration cordiale avec le Service archéologique grec, et de nombreuses publications en font connaître les résultats.

2 - Le 9 février 2011, à 18h30

MAIS QUI EST VRAIMENT CARAVAGE

Par Arnauld Brejon de Lavergnée, directeur des collections du Mobilier National

Les découvertes sur Caravage depuis une trentaine d’années sont légion, tant dans le domaine des tableaux que dans le domaine des archives. Parallèlement, a surgi une énorme littérature qui a voulu donner de Caravage l’image d’un assassin ou d’un homosexuel.
Le conférencier qui a effectué des (petites) publications sur cet artiste (les tableaux conservés en France ; la radiographie de la Flagellation du Musée de Capodimonte à Naples) souhaite revenir à l’essentiel : présenter quelques découvertes majeures dans les archives romaines et milanaises ; mettre en valeur les sept ou huit tableaux extraordinaires qui ont réapparu depuis 1973 (dont la Crucifixion de Saint André du musée de Cleveland), analyser l’oeuvre et dégager les apports essentiels de Caravage dans l’art européen au début du17ème siècle ; il est le seul en son temps à concilier classicisme et réalité, la réalité des êtres et des choses.

3 - Le 2 mars 2011, à 18h30

LA VOGUE DES PAPIERS PEINTS DES ORIGINES A NOS JOURS

Par Carolle Thibaut-Pomerantz, expert CNE décors et papiers peints des 18° au 20° siècles

A travers cette conférence Carolle Thibaut-Pomerantz retracera l’histoire de cette forme d’art mural unique jusqu’à nos jours, depuis ses origines au XVI° siècle.
A partir de la fin du XVIII° siècle, le papier peint devient signe de raffinement et l’excellence du savoir-faire français lui permet de s’élever au plus haut niveau de la très grande gravure.
Ces décors français furent exportés à travers le monde, dans les Cours européennes, en Russie et dans les familles américaines prospères du Sud et de la Nouvelle Angleterre.
La vogue des papiers peints a traversé les frontières et les siècles. Aujourd’hui, certains décorateurs adaptent avec originalité et élégance les papiers peints anciens dans des environnements contemporains.
C’est cette histoire que retrace son livre « Papiers Peints - Inspirations et Tendances », publié chez Flammarion en 2009 en français et en anglais et récompensé du Prix Marmottan de l’Académie des Beaux-Arts.

4 - Le 27 avril 2011, à 18h30

ANTOINE-ROBERT ET FRANÇOIS-ANTOINE GAUDREAUS, EBENISTES DE LOUIS XV

Par Daniel Alcouffe, conservateur général honoraire au Musée du Louvre

Fils d’un cordonnier du faubourg Saint-Antoine, Antoine-Robert Gaudreaus, dont on sait qu’il apprit à dessiner, devint maître ébéniste en 1708. Il s’établit d’abord dans la grande rue du faubourg puis rue Princesse en 1724.
Il devint peu après le fournisseur des meubles d’ébénisterie de Louis XV à qui il livra des centaines de meubles dont quelques-uns des meubles les plus inventifs et les plus riches qui aient jamais été exécutés, notamment, pour Versailles, le médaillier du
cabinet du Roi (Versailles) et la commode de sa chambre (Londres, Wallace Collection).
Gaudreaus disposait aussi d’une impressionnante clientèle privée. Il s’associa en 1739 avec son fils François-Antoine qui, à sa mort en 1746, le remplaça auprès du Garde-Meuble royal jusqu’en 1751, en ayant recours à la sous-traitance, et mourut en 1753.

Conférence supplémentaire le 22 juin 2011, à 18h30

Rembrandt et la figure du christ

Par Blaise Ducos, conservateur chargé des peintures flamandes et hollandaises XVII° et XVIII°

          

Rembrandt et la figure du Christ : pour la première fois sont réunis des tableaux de Rembrandt et ses élèves montrant, cadré au plus près, sans attribut ni contexte, le visage d’un jeune homme brun, la face légèrement allongée, barbu, selon différentes attitudes et avec différentes expressions. Le visage du Christ.

Mais à quoi donc pouvait vraiment ressembler le Christ ?

Cette question, qui semble avoir toujours reçu une réponse unique, Rembrandt la pose de nouveau en plein Siècle d’or. Ce faisant, il ouvre la voie à de nouvelles recherches picturales, il réinvente la grande peinture. Intéressé par l’émotion éprouvée et suscitée par le Christ, il cherche à mettre en scène celle-ci à travers l’apparence même du personnage. Un sujet de choix pour un peintre soucieux de rendre les passions, la vérité d’un destin individuel.

La conférence présentera cette question qui est au cœur de l’exposition, tout en la replaçant dans la perspective de la carrière de Rembrandt..

5 - Le 29 juin 2011, à 18h30

MARTIN BARRE, MAITRE DE L'ABSTRACTION DE L'APRES-GUERRE

Par Franck Prazan, marchand de tableaux

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"Martin Barré est un artiste capital, puisqu'il est, chose extrêmement rare, un créateur dans le sens le plus fort du terme... Un des peintres majeurs de sa génération" (Michel Ragon).

Artiste inclassable et exigeant, Martin Barré a suivi une voie singulière dans l’histoire de l’art d’après-guerre, en construisant son œuvre par renouvellements successifs autour de problématiques purement picturales.

Sa démarche, fondée sur une volonté toujours plus importante d’épuration, de simplification de la peinture, donna naissance à des œuvres empreintes d’une grande sensibilité plastique et d’une sobriété silencieuse et fit de Martin Barré le précurseur de l’art minimal en France.

59-120x110-B, 1959  - 120 x 110 cm

6 - Le 28 septembre 2011, à 18h30

LES TOILES DE JOUY ET D'AILLEURS, UN MEDIA POLITIQUE DE LOUIS xVI A LOUIS PHILIPPE

Par Xavier Petitcol, expert en tissus anciens

Cette fourchette chronologique correspond à l'engouement des scènes historiées pour les tissus d'ameublement imprimés. Les indienneurs, c'est-à-dire les industriels du coton imprimé, veulent naturellement vendre le plus possible, aussi prévoient-ils dans leur "collection" des sujets qui illustrent ou qui font allusion à l'actualité politique, car ces toiles-là sont par essence les plus nouvelles et séduisent une certaine clientèle toujours à l'affût de la dernière mode.

Sous la Révolution, l'Histoire avance parfois trop vite, et ce qui est "politiquement correct" peut, du jour au lendemain, non seulement ne plus se vendre, mais causer même des ennuis graves à son entrepreneur. L'indienneur va devoir parfois maquiller une matrice pour transmuter les fleurs de lys en bonnets phrygiens…

 

Sous la Restauration, les rideaux des lits vont raconter les exploits d'un Kléber ou d'un Cambronne car Charles x interdit la représentation de l'empereur. Louis-Philippe n'a pas le même blocage ; par contre ses agents traquent les Ultras qui ont fait imprimer un mouchoir intitulé Les Exilés où les initiés reconnaissent le duc de Bordeaux et sa sœur enfants. Cet article séditieux, signe de reconnaissance entre partisans, est facile à glisser dans sa poche à l'arrivée de la police.

 

C'est cette recherche qui passionne  le conférencier ; il illustrera son propos de pièces de sa collection.

 

7 - Le 23 novembre 2011, à 18h30

VRAI / FAUX - JUSQU'OU UNE OEUVRE RESTAUREE PEUT-ETRE VRAIE?

Par Bernard Dulon, expert en arts primitifs et galeriste et Jean-Gabriel Peyre, expert en céramiques anciennes

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